Un, deux ! Un, deux ! Un, deux ! Inde !
Retour du blog et déjà en deux articles, retour des jeux de mots laids ! Désolé, cher webolecteur, à croire que tant de temps sans m'adresser à toi m'ait donné envie de faire un retour fracassant !
Vendredi 3 février 2012, 05h20 : le réveil sonne
Pas question de faire comme la veille... c'est l'avion à ne pas rater ce matin ! Heureusement, le côté stressant apporté par la peur de rater l'avion m'empêche de me rendormir. Je refais une nouvelle fois le clic-clac, je prends ensuite mes propres cliques et claques, enfile ma veste et cours en direction de la station Ménilmontant pour y attraper le 1er métro. Jusque là, tout va bien... ou presque : toujours pas de bonnet, de gant ou d'écharpe et le thermomètre affiche -9°c ! Bien content de partir de ce pays . J'arrive au guichet d'enregistrement à 06h30. Comme vous avez pu le constater dans l'article d'hier, l'avion décolle à 08h00. Normalement.
Installé dans l'avion, nous attendons le décolage. "Mesdames et Messieurs, ici le commandant de bord qui vous parle. Alors que nous faisions le plein d'eau potable dans l'appareil, les températures négatives ont créé un bouchon de glace à l'entrée du réservoir. Les techniciens sont en train de régler le problème, nous devrions décoler d'ici 20 minutes. Je vous présente au nom d'Air France - KLM et de l'équipage toutes mes excuses pour ce désagrément." "Ladies and Gentlemen, [...]"...
Votre weborédacteur favori (Si, si, avouez !) ne bronche pas : "Je suis dans l'avion, c'est bon, ce n'est qu'un tout petit retard !".
"Mesdames et Messieurs, ici le commandant de bord qui vous parle. Le bouchon de glace ne semble pas se résorber... mais j'ai une autre mauvaise nouvelle à vous annoncer. Malheureusement, quand bien même les techniciens auraient réussi à dégeler le bouchon, je viens d'avoir dans ma radio un message disant que l'aviation civile vient d'être victime d'un crash. Tous les plans de vols sont donc annulés et nous allons être obligés de débarquer ici. Nous vous invitons à vous rendre au guichet du service client d'Air France où les hôtesses vous redirigeront vers un autre vol de votre destination."
Votre weborédacteur toujours autant favori (...) ne bronche pas... enfin... presque : "GrrRrRrr Mlmmlmlmlm GrRrrrrrR !!! ÉVIDEMMENT HEIN !!! LE CONTRAIRE AURAIT ÉTÉ ÉTONNANT !!!", grommelai-je à l'intérieur de mon chef bouillonnant, avant d'arriver au guichet du service client.
"Bonjour monsieur... destination ? New Delhi ? Alors... ha. Hum... heu... j'ai un vol pour Franckfort à 13h15, arrivée à 14h35 avec une correspondance pour New Delhi à 21h30, arrivée demain à 09h45."
"GrrRrRrr Mlmmlmlmlm GrRrrrrrR !!! MwwwwwwAaaaaaaa !!!" fulminai-je toujours aussi intérieurement après n'avoir obtenu que des refus lorsque je demandais à partir dans le prochain avion direct en étant surclassé en business class... où il restait de la place.
Soit, pas le choix, je prends donc cet avion, après m'être assuré que mes bagages me suivraient jusque Delhi. L'arrivée à Franckfort est à l'heure... je décide donc d'aller visiter un peu la ville en attendant ma correspondance. L'automate allemand délivrant les tickets de métro ne veut rien savoir : il n'accepte pas ma carte bleue, visa, internationale... avec laquelle on peut payer et retirer n'importe où dans le monde... ou presque ! Merci Franckfort ! Ne voulant pas trop forcer le destin qui semblait décidé à contrarier le moindre de mes plans, je décidai donc de rester dans l'aéroport et d'y dormir quelques heures dans ces sièges très confortables :
Petite visite de cet énorme aéroport où je manque de me perdre avant d'embarquer pour Delhi... chose curieuse, du moins fut-ce mon ressenti, il y a dans l'aéroport différentes salles pour les cultes religieux ! Bref, l'heure d'embarquer arrive... y aura-t-il d'autres mauvaises surprises avant d'arriver à Delhi ?
Pas un seul souci ! Assise à côté de moi dans l'avion, Roberta, une charmante femme italienne qui s'apprête à faire une sorte de courte retraite spirituelle avec quelques amis dans le Nord de l'Inde... ah ! Parler italien, quel bonheur !!! Nous discutons ensemble une grande partie du trajet en faisant quelques pauses dodo... et nous atterrissons donc le samedi 4 février à 09h45, soit 10h45 après mon arrivée initialement prévue. Après que Roberta ait récupéré ses bagages, nous nous saluons et échangeons nos coordonnées, puis j'attends mes propres bagages... Sylvain est à l'extérieur de l'aéroport, il ne peut pas rentrer. Les voyageurs récupèrent un à un leurs bagages... jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus un seul sur le tapis roulant. Non, je n'ai pas récupéré mon bagage...
"GrrRrRrr Mlmmlmlmlm GrRrrrrrR !!! MwwwwwwAaaaaaaa !!! Guiiiiiiiiaaaaaaaaa !!!" tempêtai-je en mon désormais rendu fort for intérieur... en ayant beaucoup de mal à retenir mes expressions faciales et verbales...
Un employé de l'aéroport vient me trouver et me parle dans une langue qui me rappelle une sorte d'anglais : "Puis-je voir votre ticket d'identification du bagage s'il vous plaît ?". L'accent indien... difficile le premier jour. La première semaine aussi d'ailleurs. Le premier mois également. Après je ne sais pas, je ne suis resté que trois semaines... bref, après lui avoir fait répéter trois fois la phrase, je comprends enfin ce qu'il essaye de me dire... et celui-ci m'annonce après vérification que mes bagages arriveront une heure et quart plus tard par un autre avion venant de Paris...
"GrrRrRrr Mlmmlmlmlm GrRrrrrrR !!! MwwwwwwAaaaaaaa !!! Guiiiiiiiiaaaaaaaaa !!! WHAAAAT ??? IS THAT A JOKE ???*" vociférai-je non plus à moi-même mais à haute voix, incapable de retenir plus longtemps ce flux trop important de rage devant l'homme en uniforme. J'envoie un sms à Sylvain pour lui faire part de cette nouvelle... lui qui s'est levé exprès pour venir me chercher semble, selon la teneur de sa réponse, avoir une réaction semblable à la mienne...
11h45 : Les bagages arrivent... et je photographie cette image qui est un véritable slogan pour tous les étrangers séjournant en Inde... :
*Je tiens à te rassurer, cher webolecteur : la rage que j'ai laissée paraître dans cet article n'est pas du tout conforme à ce qui s'est passé... je suis resté presque tout le temps étonnemment calme, surpris, étonné et amusé par tous ces désagréments ! Je m'attendais à ce qu'il m'arrive toutes sortes de retards de ce genre en Inde... j'ai pris ces situations comme une initiation rapide à ce qui allait rythmer ma vie ces trois prochaines semaines... il s'agissait donc là plus d'un effet stylistique pour enjoliver un peu la réalité et rendre la lecture un peu plus intéressante... toute mes excuses, j'espère quand même avoir réussi à te décrocher quelques sourires devant les comiques de situations dont j'ai été victime !!!