Didactiel poétique

Publié le par Matteo

     Vu que ce blog contient déjà trois de mes poèmes, et qu'il me tient à coeur qu'ils soient lus tels qu'ils ont été pensés, vous trouverez dans cet article une méthode qu'il me semble nécessaire de maîtriser pour une lecture appropriée de mes écrits (et des poésies plus généralement).

     Je suis depuis tout petit tout petit (je vous laisse réagir), enfin depuis l'âge où un être humain est capable de réaliser des messages significatifs de par lui-même, soit environ depuis que j'ai dix ans, attiré par l'écriture poétique. Cela date de l'époque où mon maître, Mr Berthelin, le meilleur enseignant de tous les temps, m'inculca, au moyen de toute la douleur et la souffrance que peuvent causer un beau sourire et quelques plaisanteries, les méthodes d'écriture dont je me sers depuis. Je suis très "écolier" dans ma façon d'écrire puisque j'aime me tenir aux règles que j'ai appris à l'école. Je trouve cet exercice qui consiste à réussir à libérer l'émotion des (webo)lecteurs et à les faire vibrer avec les mots tout en ayant des contraintes très enrichissant.

     Je me force ainsi à respecter en général une écriture sous forme de quatrains (strophes de quatre vers), avec une structure en...

     ...Alexandrins: vers (phrases) composés de deux fois six syllabes. Autrement dit, il y a douze syllabes qui doivent être prononcées lors de la lecture d'un Alexandrin, et les six premières doivent être détachées des six dernières par une légère pause, accentuée lorqu'il y a une virgule entre celles-ci. Autrement dit encore, si vous trouvez plus ou moins de douze syllabes, vous avez mal lu. Les quelques mauvaises langues qui diront que c'est moi qui me suis trompé auront tort et se verront peut-être infliger d'attroces souffrances... gniark gniark gniark. (remarquez que le premier poème est en vers de six syllabes)

     Prenons un exemple sans piège:"Pour qu'enfin tu me vois, tu sentes mon odeur". Ce vers se lit: "Pour - qu'en - fin - tu - me - vois, - tu - sen - tes - mon - o - deur"

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     TOUS les sons doivent être pronnoncés, excepté dans certains cas particuliers comme:

     _Le "e" en fin de versà l'hémistiche (coupure du milieu de l'alexandrin). Exemple: "De t'aimer, te complaire, à toi belle princesse". Cela se lit: "De - t'ai - mer, - te - com - plair(e), - à - toi - bel - le - prin - cess(e)". En plus du temps d'interruption qui se trouve à l'hémistiche, dans ce vers il faut également marquer une pause après "De t'aimer," pour respecter la virgule posée très vraissemblablement volontairement par l'auteur (ici pour prendre son temps lors de l'énumération).

     _Le "e" lorsqu'il est suivi d'une voyelle. Ainsi dans le vers "Je peux faire autre chose, caresser tes cheveux", on ne prononce pas "Je - peux - fai - re - au - tre - chos(e), - ca - res - ser - tes - che - veux" (13 syllabes) comme c'est écrit mais "Je - peux - fai - r(e)' au - tre - chos(e), - ca - res - ser - tes - che - veux" (12 syllabes).

     À l'inverse, parfois on prononce des syllabes que l'on ne devrait pas prononcer: c'est la diérèse. (explication par un exemple): "Une fois disparus les instants de liesse". Il faudrait dire "U - ne - fois - dis - pa - rus - les - in - stant - de - liess(e)" (11 syllabes). La diérèse permet de détacher deux syllabes lorsqu'il n'y en a qu'une. Ainsi, on peut prononcer "U - ne - fois - dis - pa - rus - les - in - stant - de - li - ess(e)" (12 syllabes).

     L'erreur que font souvent les (webo)lecteurs provient généralement de ces mots qui peuvent être lus de deux façons différentes. Aussi, comme il est très difficile de savoir à la première lecture comment les lire, il convient de compter le nombre de syllabes pour repérer comment respecter le rythme posé pas l'auteur pour ensuite tout relire comme il faut.

    Avec cette méthode, la poésie sonne à l'oreille avec une musicalité de qualité généralement appréciable. Si vous ne saviez pas, relisez les poêmes! Vous serez peut-être surpris!!!

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G
Bravo Mr Berthelin. Le mien s'appelait mr Puricelli, ou mr Chestier. Mr Sibout, à Malherbe, n'était pas mauvais. Gloire à tous ces enseignants qui, parce qu'ils étaient différents, ont réussi à nous faire aimer la richesse de leurs univers.Pis c'est sympa de se rappeler ce qu'est une diérèse, une acrostiche, un zeugma... je cours relire tes poésies et j'te bise grave jusqu'au prochain billet.
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M
C'est drôle car je n'ai toujours pas deviné ton identité... je ne peux que supposer... les prochains billets arriveront dans quelques jours.
O
Oui, c'est sûr, mais évaluer cette capacité doit pas être facile pendant un concours... il faudrait plutôt faire un contrôle régulier...^^
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M
Je ne sais pas... peut-être inventer une épreuve spécifique?
O
Oh ben c'est drôle! J'ai jamais aussi bien compris qu'ici dans toute ma scolarité! Voilà qui aurait pourtant été utile dans le peu de culture poétique qu'on a essayé de me faire digérer... Remarque qu'avec Bonnefoy ça n'aurait pas été très utile, tout compte fait...^^C'était la maison natale... beubeubeuhhh...
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M
J'aime expliquer les choses ^_^.Disons que je pense que beaucoup de profs sont incapables de transmettre leur savoir à leurs élèves, même s'ils sont très compétents, alors que c'est ce qu'ils sont censés faire... il faudrait réellement faire quelque chose pour réduire le nombre de profs lassants, inintéressés ou autre... par exemple lors des concours pour pouvoir enseigner.